À Kaboul, l’aéroport de l’espoir

Rouvert depuis 2002, l’aéroport de Kaboul verra sa restauration terminée dans les prochaines semaines. Les Afghans, formés par les instructeurs étrangers, pourraient se retrouver seuls aux commandes en 2014. La fin de dix ans d’une collaboration fructueuse.

Vu de l’extérieur, rien ne laisse présager des travaux en cours. La peinture de la façade est éclatante, et l’immense affiche du commandant Massoud, le « lion du Panchir », est bien tendue. Pourtant, à l’intérieur de l’aéroport international de Kaboul (KAIA), des ouvriers s’activent à rénover la tour de contrôle. D’ici à un an, les murs hérités des années 1960 auront fait peau neuve pour accueillir de nouveaux équipements. Un chantier capital pour Kaboul, longtemps privée de son aéroport.

Installé dans son grand bureau, Mohammad Yaqub Rassuli, 56 ans, actuel président de l’aéroport, se souvient : « Après la guerre qui a opposé les Soviétiques aux moudjahidines jusqu’en 1989, il n’y avait plus rien. Les pistes, les accès aux taxis, le terminal, tout était détruit. Il ne restait qu’un seul avion, un appareil de la compagnie Ariana Airlines. »

Une décennie plus tard, les talibans contrôlent l’aéroport de Kaboul qu’ils laissent se dégrader. Au lendemain du déploiement des troupes de la coalition dans le pays, un plan de réhabilitation est engagé. Et en 2002, des avions atterrissent à nouveau dans la capitale afghane. […]

Article et photographies publiés dans le Monde, 2 octobre 2013


Kabul Airport, which has been open since 2002, will see its restoration completed in the coming weeks. The Afghans, trained by foreign instructors, could find themselves alone at the helm in 2014. The end of ten years of fruitful collaboration.

Seen from the outside, there are no signs of work in progress. The painting on the façade is brilliant, and the huge poster of Commander Massoud, the « lion of Panchir », is well stretched. Yet inside the Kabul International Airport (KAIA), workers are busy renovating the control tower. Within a year, the walls inherited from the 1960s will be rebuilt to accommodate new equipment. This is a major project for Kabul, which has long been deprived of its airport.

Installed in his large office, Mohammad Yaqub Rassuli, 56 years old, current president of the airport, remembers: « After the war that pitted the Soviets against the mujaheddin until 1989, there was nothing left. The runways, the taxi ranks, the terminal, everything was destroyed. There was only one plane left, an Ariana Airlines plane. »

A decade later, the Taliban controlled Kabul airport and allowed it to deteriorate. The day after the deployment of coalition troops in the country, a rehabilitation plan was launched. And in 2002, planes landed again in the Afghan capital. […]

Article and photographs published in Le Monde, October 2, 2013